Hélène Vignal au collège d’Ancinnes : retour sur la rencontre du 27 février

Compte-rendu dPhotos auteur et chiots 001e la rencontre du 27/02/15

(A partir des notes prises pendant la rencontre, par avance pardon pour les petites inexactitudes.)

Avant de commencer l’échange avec l’auteur, les élèves lui avaient préparé une surprise. Ils avaient choisi et appris des citations extraites du recueil « Casseurs de solitude ». H. Vignal a été émue et les a chaleureusement remerciés.

 

1- Avant ce recueil de nouvelles vous avez écrit beaucoup de romans,   pourquoi avoir choisi cette fois-ci d’écrire des nouvelles ?

V : Ce recueil était au départ une commande d’un éditeur qui a refusé le manuscrit après cinq mois de travail. Je suis donc allée voir mon éditeur favori au Rouergue, qui jusque là n’avait pas encore édité de nouvelles.

2- Quelle est votre nouvelle préférée ?

 H.V : Si je devais en choisir une, ce serait peut être « L’Héritage ». Je trouve qu’elle est assez réussie même si elle n’a pas grand-chose à voir avec mon projet de départ… L’écriture m’a menée complètement ailleurs. En effet, je voulais d’abord parler d’une jeune fille qui se prépare à passer un concours d’obstacles. Elle souhaite que son père l’accompagne mais il est trop occupé et au dernier moment, il choisi de ne pas venir. Furieuse et déçue, Paloma franchit sur son cheval la barrière du manège où a lieu le concours en direction du chantier où travaille son père.

J’ai fait pas mal de recherches sur les noms des obstacles, c’est assez technique et je n’étais pas une spécialiste. C’est ainsi que je suis tombée des documents sur Internet sur la « méthode Pat Parelli », une méthode douce de communication avec le cheval. En chuchotant, on obtient beaucoup du cheval sans avoir besoin de le brusquer. Cela m’a vraiment impressionnée et mon projet a changé de direction.

Paloma est vue au départ comme une « pimbêche », une « crâneuse », mais comme beaucoup de personnages de ce recueil, elle n’est pas seulement ce qu’elle a l’air d’être : elle est sensible et elle reporte toute son affection sur son cheval. Seul Guindal, le palefrenier la comprend même s’il est d’un autre milieu social. Le personnage de Guindal m’a été inspiré par un garçon qui en sortant de prison avait réussi à s’épanouir en travaillant dans un centre équestre.

  3- Que pensez-vous de la couverture du recueil ? On était plusieurs à ne pas la comprendre et à ne pas voir le rapport avec les nouvelles ? Ou alors peut     être qu’on peut reconnaître Marie et Zoé les personnages des nouvelles « Pas         le droit à l’erreur » et « Regarde-moi ».

 -H.V : Et vous que pensez-vous de cette couverture ? Je préfère que vous me disiez d’abord ce que vous en avez pensé et je vous donnerai ensuite l’histoire de cette couverture.

-Une élève : Ce sont deux filles qui ont l’air amies.

-H.V : Avez-vous remarqué l’existence d’un cinquième pied près des pieds des deux filles ?

-Une élève : Le rideau semble cacher une partie de la réalité des personnages et dans le livre, les personnages ne sont pas ce qu’ils semblent être.

-H.V : Lorsque l’éditeur m’a contacté au départ, ils n’avaient pas du tout choisi cette photographie. C’était un plan sur une main baguée, une main féminine qui tenait des pieds nus, en signe d’intimité, de confiance. C’était une belle photo mais il y avait un problème : le personnage allongé donnait l’impression d’être mort… Comme le recueil est plutôt centré sur la vie, cela n’allait pas.

La cabine du photomaton est un espace d’intimité, un lieu où l’on veut garder une trace d’un lien d’amitié. Dans le recueil, les personnages s’aiment et se protègent les uns les autres. Mais je trouve qu’elle a un inconvénient : elle peut donner l’impression d’être un « livre de filles ». Qu’en pensez-vous les garçons ?

-Un élève : Non ! Je ne trouve pas.

-Un élève : Moi non plus !

4- Est-ce que vous pensez qu’on a forcément peur quand on est courageux ?

-H.V : Oui le courage va avec la peur mais quand on interroge des gens qui ont été très courageux, par exemple ceux que l’on appelle « les justes » et qui ont caché des juifs pendant la deuxième guerre mondiale au risque de leur vie, ils répondent tous : « C’était plus fort que moi. Je l’ai fait parce que je devais le faire ». C’est une force qui les dépasse. Et pour eux, ils ne sont pas des héros. On peut aussi se retrouver tétaniser par la peur et à ce moment là, on n’est pas courageux.

-Mme Schimmel : Peut-on parler de courage s’il n’y a pas de peur ? N’est ce pas alors de la « témérité » ?

-H.V : Qu’est-ce que le courage ? Peut-on le cultiver ? Qu’en pensez-vous ?

– Mme Maridet : Oui je crois que cela se cultive en étant bien conscient des valeurs que l’on veut défendre. Pour moi, le courage c’est quelque chose qui se raisonne contre la peur.

-H.V : Quelles sont les valeurs qui sont importantes pour vous ?

– Une élève : Pour moi, c’est de ne pas mentir, d’être honnête.

– Une élève : Pour moi c’est la confiance que l’on donne à une personne.

– Une élève : La tolérance me semble la valeur la plus importante, le fait d’accepter les gens comme ils sont même s’ils sont différents de nous.

-Mme Schimmel : Je trouve que le mot « tolérance » ne convient pas bien. Cela me semble être plus que cela. Il y a de la « condescendance » dans ce mot.

-H.V : Pas forcément. Par exemple, vous êtes dans le métro, assis à côté d’une personne qui sent très mauvais. Que faites-vous ? Vous restez à côté d’elle ou vous changez de place ?

– Une élève : Moi je ne changerai pas de place. Je prendrai sur moi. Bon si le trajet dure longtemps, je ferai semblant de descendre et je reprendrais un autre wagon…

– Une élève : Par exemple, on vit cela au collège, s’il y a quelqu’un à qui personne ne parle. Il ne faut pas avoir peur du regard des autres et si on en a l’occasion d’aller lui parler ou tout du moins ne pas la repousser si elle s’adresse à nous.

– Une élève : Il faut apprendre à vivre dans la solitude.

-H.V : C’est difficile de savoir à l’avance ce que l’on fera et comment on réagira mais si l’on pose un acte et que l’on s’y tient, qu’on est ferme, ce sera plus facile. Et c’est bien aussi de se poser la question : est-ce que je passe devant une situation où quelqu’un se fait maltraiter ? En effet, on n’est jamais vraiment ce qu’on a l’air d’être. Par exemple Adra (le personnage de deux nouvelles), personne ne sait ce qui pèse sur elle à la maison. M. Séraphin, le principal, c’est pareil : il n’a pas l’air d’être ce qu’il est au fond. Derrière sa grossièreté, c’est quelqu’un de bien, prêt à prendre des risques pour aider Adra. Je trouve que c’est comme dans la vie : « On ne sait jamais en face de qui on est ». Parfois, cela prend des années et on se rend compte de ce qu’une personne vivait à l’époque, qui peut expliquer son côté désagréable par exemple. Je pense qu’il faut juste essayer de partir de quelque chose de pas trop négatif, ne pas juger les gens trop vite. Comme disait une élève tout à l’heure : « Parfois on ne sait pas qui il y a derrière le rideau… »

 5- D’après vous, quand a-t-on le plus besoin de courage ?

 -H.V : Les moments où j’ai été le plus courageuse, je pense que c’est dans mon enfance parce que j’étais très seule et j’avais peu d’outils pour lutter. Et pourtant, il a fallu tenir, m’accrocher et résister.

 « Chiens de garde »

 8- Avez-vous choisi de parler d’un chien dangereux parce que c’est une de vos           phobies ?

 -H.V : Non pas du tout. Pour moi, le chien dans la nouvelle est le symbole de la bestialité qui n’est pas maîtrisée. Dans « l’Héritage », on voit d’ailleurs que son maître M. Arias ne le maîtrise pas. Je pense que l’un des travaux les plus forts de l’humain c’est de maîtriser sa propre bestialité, sa pulsion de violence.

 9- Pourquoi avoir choisi de mettre cette nouvelle au début du recueil ?

 -H.V : Si j’ai choisi de mettre cette nouvelle en premier c’est parce que je trouvais qu’elle ouvrait bien le recueil. Je la trouve dynamique et puis c’est la première que j’ai écrite.

 10- La famille Arias revient dans plusieurs nouvelles : « Chien de garde »,         avec le chien et le patron de la mère , « L’héritage » avec Paloma Arias et         Tiago Arrias dans« La grève ». Pourquoi ?

 

-H.V : Si je développe les personnages de la famille Arias dans plusieurs nouvelles, c’est parce que je voulais monter dans le texte qu’il y a des liens entre nous. Je ne veux pas être « manichéenne » (rien n’est tout blanc ou tout noir). Ce n’est pas parce que le père Arias est un « salaud » dans certaines circonstances, que sa fille Paloma est une « peau de vache ». L’être humain est plein de contradictions tout le temps et je trouve que la littérature permet de bien montrer cela.

 

« Une journée de merde »

11- Si certains personnages reviennent dans plusieurs nouvelles, est-ce parce         qu’ils sont plus importants ? On retrouve par exemple le personnage d’Adra dans la nouvelle « Accusé de réception » et « La Grève » ; le principal M       Séraphin dans la nouvelle « Accusé de réception » …

 -H.V : Les personnages qui reviennent dans plusieurs nouvelles sont pour moi des véhicules qui permettent de faire passer une idée.

 12- Pourquoi avoir choisi le thème de l’excision ?

 -H.V : Pour moi l’excision n’est pas le thème principal de la nouvelle. Le « vrai » thème c’est : que fait-on pour soi ? Adra a décidé que cela ne lui arriverait pas, qu’il fallait s’enfuir et sauver sa peau, sa féminité, son sexe. La menace qui pèse sur elle est suffisamment dangereuse pour qu’elle prenne la décision de fuguer.

Je ne suis pas non plus insensible au thème de l’excision bien sûr. Cette tradition qui existe dans beaucoup de pays condamne les femmes à avoir une sexualité douloureuse, ce qui est scandaleux. Cependant ce n’est pas une nouvelle de militantisme contre l’excision.

J’ai eu la mauvaise surprise de découvrir que certaines documentalistes avaient décidé de ne pas faire lire mon recueil de nouvelles parce qu’une nouvelle parlait de l’excision et une autre d’homosexualité. Elles disaient ne pas se sentir capables d’expliquer aux collégiens ces réalités. Mais de là à ne pas le faire lire…

– Une élève : En tout cas, je trouve cela dommage parce que c’est grâce à votre livre que j’ai découvert que l’excision existait.

– Une élève : Moi aussi, je ne savais pas que cela existait.

– Mme Maridet : En réalité, aucun des collégiens ne soupçonnait l’existence de telles pratiques barbares sur les femmes par les hommes.

-H.V : Statistiquement les femmes sont plus atteintes dans leur corps que les hommes, mais les hommes peuvent aussi être victimes d’une atteinte à leur liberté sexuelle. Le message important pour moi qui passe par Adra, c’est que « votre corps vous appartient » ! Ne laissez personne vous forcer à quoi que ce soit.

-Une élève : Pourquoi avez-vous décidé d’écrire ? Pour faire passer des messages aux adolescents ?

-H.V : J’ai toujours écrit, depuis toute petite. Dès six ans je me suis mise à écrire. Cela a été pour moi une révélation : toute ma vie j’écrirai ! Je ne savais pas par contre que j’allais publier des livres. J’avais 36 ans quand j’ai été publiée pour la première fois. J’ai l’impression quand j’écris que je suis un tout petit peu plus vivante qu’autrement, que je prends la pleine mesure de qui je suis.

13) Est-ce que vous trouvez que le milieu d’origine a une influence sur la          manière dont on grandit ? Par exemple, si Bintou n’était pas morte, Adra se   serait-elle révoltée contre l’excision ?

-H.V : Je pense que oui car elle aurait su que ça fait très mal.

Est-ce que nous serions différents si nous n’avions pas grandi dans un autre milieu que notre milieu d’origine ? Et vous, qu’en pensez-vous ?

– Une élève : Je pense qu’on serait forcément différents. Par exemple, dans les pays où il n’y a pas grand-chose à manger, on aurait d’autres préoccupations : on penserait d’abord à survivre ! On n’aurait pas les mêmes valeurs.

-H.V : Si tu n’avais qu’un seul repas par jour, quelle personne serais-tu ?

– Une élève : Je pense que je serais moins difficile sur la nourriture que maintenant si j’avais vraiment faim.

– Une élève : Non pour moi, je serai la même. Ma personnalité ne changerait pas.

– Une élève : Ce que l’on a vécu enfant détermine nos valeurs. Par exemple, ce qu’on vit dans nos relations amoureuses. La patience peut diminuer avec le temps…

– Une élève : Moi je trouve que l’on prend beaucoup de choses à nos parents.

– Une élève : On prend ou on ne prend pas.

-H.V : J’ai deux enfants, deux garçons et c’est incroyable parce que ce qu’ils étaient à la naissance, ils le sont toujours. Les choses que l’on traverse remplissent notre champ d’expérience. Plus on a été aimé, accompagné dans la bienveillance et plus on sera fort mais ce n’est pas toujours vrai…

– Une élève : Ma mère dit toujours qu’ « on n’est jamais obligé de rien ». Bon sauf au collège… Il y a quand même des obligations.

-H.V : Oui on est libre mais il y a des conséquences…

 15- Pourquoi la co-épouse Maman Fatou protège-t-elle mieux sa belle-fille        Adra que sa propre mère ?

Pensez-vous que la mère d’Adra est une « mauvaise mère » ou qu’elle ne fait que respecter la coutume ?

-H.V : C’est maman Fatou qui a accompagné Bintou dans la mort et c’est pour compenser la perte de son enfant qu’elle a été donnée comme seconde épouse à papa Sadiou. La mère se protège de sa propre douleur par la dureté. Elle sait qu’elle ne reverra pas sa fille quand elle part en France. Mais pour elle, la tradition est ce qu’il y a de plus important.

16- Avez-vous rencontré des femmes qui ont vécu les même situations que      Maman Fatou et maman Awa ou vous êtes-vous documentée pour créer ces           personnages ?

-H.V : J’ai travaillé pendant sept ans dans le social en Seine-Saint-Denis, notamment avec des familles maliennes et polygames. Dans certaines familles, la polygamie créait de nombreuses situations de conflit entre les coépouses. L’une avait par exemple jeté le bébé de l’autre par la fenêtre… Mais dans d’autres familles au contraire, cela se passait très bien. Je n’ai pas été confrontée directement à l’excision. En revanche, la PMI (Protection Maternelle Infantile) surveillait de près les familles lorsqu’elle apprenait que telle petite fille devait retourner au pays. Elle exigeait que la famille montre la petite fille à son retour afin de vérifier qu’elle n’avait pas été excisée. Et elle avertissait les familles que si jamais cela arrivait, elle les dénoncerait car cette pratique est interdite en France.

 

17- Comment choisissez-vous les noms de vos personnages ? Par exemple le principal du collège s’appelle M. Séraphin qui veut dire « ange » alors qu’il      n’arrête pas de dire des gros mots et qu’il apparaît d’abord comme un personnage antipathique avant que l’on découvre qu’il est capable d’être très      courageaux et de faire des « choses bien ».

-H.V : M. Séraphin, un « ange », c’est vrai ! Mais pourtant, je n’ai pas du tout choisi ce nom à dessein : cela ne m’a même pas du tout traversé le cerveau ! Au départ, j’avais choisi un nom japonais pour ce personnage mais il gênait l’éditeur, alors j’ai changé. Dans mon roman « Plan B pour l’été », j’ai donné pour nom à l’éléphante qui est captive dans un cirque : Loumoumba. Ce n’est qu’après que je me suis rendue compte que je lui avais donné le nom de celui qui a libéré le Congo en 1970 et qui a été ensuite exécuté. Pourquoi ?

– Une élève : Peut être parce que c’est l’éléphante qui libère symboliquement la grand-mère à la fin. (Elle lui permet d’aimer un autre homme.)

-H.V : Oui c’est vrai. Quand je suis dans le processus de création, je fais confiance. Il faut s’écouter. Je crois beaucoup à l’instinct !

18- Le personnage de M Séraphin le principal est très grossier, pourquoi lui       avoir donné un tel caractère alors que l’on attend plutôt quelqu’un de sérieux dans cette fonction ?

-H.V : Les jurons de M. Séraphin, moralement ce n’est pas bien mais en même temps ce n’est rien car c’est une belle personne !

« Accusé de réception »

19- Le personnage principal découvre une lettre de dénonciation qui accuse M           Séraphin d’héberger chez lui des « sans-papiers », cette lettre fait-elle écho            pour vous à la dénonciation pendant la période de l’Occupation en France ?

-H.V : Non je n’ai pas pensé à cette période de l’histoire

« Ostende »

20- Pour moi Margaux, la jeune fille dans la nouvelle « Ostende » a un   comportement bizarre en jetant les telephones. Est-ce que son acte est             courageux ?

(moi je trouve que son acte est irréfléchi et pas très inteligent.)

-H.V : Margaux le personnage n’a pas réfléchi aux conséquences de son acte. En jetant les téléphones, elle veut seulement être seule avec son père qui lui manque. Oui, elle est courageuse dans un sens parce que son envie d’être avec son père dépasse tout le reste mais son acte est aussi irréfléchi.

21- De quel fait divers datant de 2013, cette histoire est-elle inspirée ?

-H.V : Cette nouvelle provient en effet d’un vrai fait divers. J’ai bien sûr changé les prénoms des personnages. Le père dans cette histoire était bipolaire comme le personnage de la nouvelle. C’est une maladie psychiatrique où le risque majeur est le suicide de la personne qui en souffre. Lors de la fugue de ce père et de sa fille, les autorités avaient peur de cela. Alors qu’en réalité, ils se sont rendu compte que c’est la jeune fille qui avait tout organisé…

 

22- Est-ce que vous trouvez que la « dame des gauffres », Isabelle, a une attitude courageuse ? Ou dégoûtante ? (Nous on est partagé : certains trouvent qu’elle a bien fait de prévenir la police parce que la mère devait être inquiète, d’autres pensent qu’elle n’aurait pas dû le faire)

-H.V : La « Dame des gauffres » ne savait pas que le père était bipolaire mais elle avait entendu par la presse qu’ils étaient recherchés par la police. Elle a agi pour le bien de la jeune fille.

 

 « Regarde-moi » et « Pas le droit à l’erreur »

 

23- En écrivant la fin de ces nouvelles, avez-vous réfléchi à ce qui pourrait se passer ensuite pour les deux amies ? Par exemple, j’ai pensé que la mère était peut être partie pour ne jamais revenir… Je n’aime rester comme ça dans             le doute.

-H.V : Oui les élèves n’aiment pas trop en général les fins ouvertes… Et pourtant, je trouve que c’est bien comme cela. Une fin ouverte, c’est une petite mise en situation de la liberté ! C’est à toi de décider. Ce n’est pas très confortable d’être libre ! Il est plus facile de laisser les autres décider à notre place…de ne pas réfléchir… Dans certains textes, à certains moments, c’est nécessaire !

 

 « La grève »

24- Cette nouvelle est-elle un message pour les filles, que nous devons nous méfier des soit-disant « princes-charmants » ?

-H.V : La fin de cette nouvelle est à la fois un message pour les filles mais aussi pour les garçons. La sexualité est une question préoccupante pour tout le monde. Tiago Arias, le personnage de l’histoire pourrait aussi ne pas collectionner les filles et apprendre à être intelligent avec cette pulsion, à partager plutôt que de prendre. On n’est pas obligé d’avoir des rapports sexuels tôt pour faire « comme les autres ». Nos corps nous appartiennent, pas la peine de se forcer ou de se laisser faire.

Propos recueillis par Christel Maridet Tjon-A-Tai, professeur documentaliste

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