Les 4è du collège Le Ronceray (Le Mans) rencontrent Louis Atangana

Les 4è du Ronceray rencontrent Louis Atangana, l’auteur de Billie H.-25 février 2015 -Médiathèque Sud –

Billie H. : un roman qui fait grandir !

« Je vivrai mon chant ! Je chanterai ma vie ! ô les beaux jours à venir ! »

« Cette voix, c’est la vie, c’est un tambour qui bat,

 c’est une fleur sauvage, c’est le ciel étoilé au-dessus de Harlem. »

Extraits choisis

Depuis qu’il est tout jeune, Louis Atangana est un amateur de jazz et un fan absolu de la chanteuse américaine Billie Holiday, dont il a fait l’héroïne de son dernier roman. Non sans mal, nous explique-t-il, puisque trois ans de travail et pas moins de six versions du texte furent nécessaires avant de trouver le ton juste, le style consonant, évocateur de la façon très personnelle qu’avait Billie Holiday de s’approprier une chanson, sans pathos ni grandiloquence, dans la retenue et l’émotion.

Ayant découvert une enfance des plus traumatisantes et des plus violentes, qu’il ne soupçonnait pas, l’angle mort de la plupart des biographies publiées à ce jour, il décide d’y centrer son récit tout en veillant à ne pas céder au catalogue des malheurs, à ne pas sombrer dans le pathétique larmoyant, le misérabilisme ou le vulgaire.Pari réussi.

Louis Atangana a su traduire dans une prose musicale, vive et familière, rythmée par les soubresauts cruels d’un racisme ordinaire, le verbe haut et rageur d’une jeune fille ardente, combative, rebelle et volontaire, qui fit de sa voix fragile et ténue une arme vibrante de liberté, trouver le juste équilibre, le swing parfait entre le langage mélodique de la rue, cru, percutant, syncopé et celui plus distant que joue à contretemps du premier l’harmonie subtile de l’implicite et de l’équivoque, entre la réalité et la fiction, lesquelles se répondent et débordent l’une dans l’autre.

En évoquant son parcours d’enfant immigré, déraciné de son Cameroun natal, Louis Atangana nous livre un message d’espoir. Et une belle leçon d’humilité Quand le mauvais élève qu’il était, par faiblesse, comprit que la vie, pas « cette lessiveuse », mais la vraie, précieuse, unique, s’écoulait loin de lui sans qu’il pût prétendre en arrêter le cours, en marquer les temps, résigné à un sort qu’il n’avait pas choisi et qui lui était étranger, il décida de grandir et de vivre « chaque instant avec l’intensité de toute une existence ». Le mauvais élève devint professeur de français et qu’importe si celui-ci se sent parfois l’âme d’un usurpateur…. Si vous ne voulez pas subir votre vie, cessez d’en être le spectateur ou la victime, rétifs devant les obstacles, résignés face à l’adversité. Choisissez-la, ne fuyez ni ne renoncez : luttez, agissez : vous serez alors libre et maître de vous-même. De même que le jazz a libéré Billie Holiday de l’injuste domination d’une société ségrégationniste, le luxe des mots et des livres fut l’arche salvatrice de Louis Atangana.

Sur les discriminations…

La chanteuse américaine Billie Holiday (1915-1959) fut confrontée, dès son plus jeune âge, à la ségrégation raciale, à la violence sexuelle faite aux femmes, et notamment aux femmes noires. Sa recherche obstinée du père mise en scène dans le roman témoigne, selon Louis Atangana, de la déstructuration des liens familiaux, typique d’une société post-esclavagiste, aliénante et oppressive.

Dans les années 1930, aux Etats-Unis, c’est toute la population noire américaine qui est victime des lois ségrégationnistes, imposant la séparation physique des personnes de couleurs différentes dans les activités qu’elles exercent.

Mais grâce à sa force de caractère, à son esprit rebelle et volontaire, à son talent de chanteuse, Billie Holiday n’a jamais baissé les bras contre les malheurs, les blessures, les humiliations (combien de fois lors de ses tournées dans le sud a-t-elle dû passer par les cuisines des hôtels pour accéder à sa chambre !). Elle ne s’est pas posée en victime. La musique a été son chemin vers la liberté, une liberté conquise de haute lutte, arrachée au son du jazz, qui se jouait la nuit dans les cabarets où se mélangeaient plus facilement les blancs et les noirs.

Sa vie est un modèle, un exemple pour toutes celles et ceux qui résistent et luttent contre l’injustice, les préjugés, les discriminations, le racisme, « cette plaie triste de l’âme, engendrée par la peur des autres et le manque de confiance en soi. ». A l’image de celle de Louis Atangana lui-même, jeune immigré camerounais, arrivé en France à l’âge de douze ans, le mauvais élève infréquentable devenu professeur de lettres et écrivain. Non, rien n’est impossible quand on a foi en ses rêves.

Sur l’écriture…

Ecrire, nous confie Louis Atangana, c’est être un peu égoïste car on écrit d’abord pour soi. On écrit sur des sujets qui nous émeuvent, qui nous interpellent, qui nous rongent ou nous obsèdent. Quand on se lance dans l’aventure de l’écriture, on ne commence pas par cibler un public, on ne pense pas aux lecteurs, à cette communauté virtuelle des faiseurs de sens qui feront du livre leur livre.

Comme les notes d’un standard de jazz, les mots doivent résonner de surprise, détonner de mille variations afin que chaque lecteur s’en fasse l’interprète. « J’ai toujours trouvé merveilleux de pouvoir avec ces outils rudimentaires que sont le stylo et le papier être l’égal d’un Dieu, créer un monde, inventer des personnages autonomes avec leurs contradictions, leurs forces, leurs faiblesses. J’aime écrire des histoires qui sont des portes ouvertes sur l’autre et qui modifient la vision que nous avons du monde. Le style d’un auteur se moule, se fond dans la fiction qu’il raconte, et la langue qu’il déploie n’a rien de normatif, de sacralisé mais s’invente, se crée, se renouvelle à chaque mot, à chaque phrase. Ecrire est un miracle, une surprise ininterrompue … »

Les projets de Louis Atangana

Son prochain roman consacré à Jimi Hendrix sera le dernier sur les grandes figures de la musique. Louis Atangana qui n’a pas le culte de la série et n’est pas orpailleur des filons, nous dit se préserver ainsi de la lassitude et de la répétition, néfastes à une écriture toujours diverse, toujours nouvelle.

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Eleonora avait banni merci de son langage, pas nous ! Merci Louis Atangana, Billie H. est pour nous une étoile dans le cœur, elle nourrira nos rêves, nous aidera à grandir, « trottera dans nos têtes, dans nos rêves et ne nous lâchera plus, comme une vieille et douce chanson. »

….God bless the child that’s got his own….

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