Les élèves du collège Berthelot (Le Mans) ont rencontré Lorris Murail

Dans le cadre du prix des Lecteurs 2016, les élèves du collège Berthelot (Le Mans) participants au prix, ont eu l’opportunité de rencontrer Lorris Murail, auteur de Douze ans, sept mois et onze jours à la médiathèque Louis Aragon (Le Mans) le 15 mars.

1 – Lorris Murail

  • Quelle est la place de sa famille, de ses sœurs* dans sa vie d’écrivain ?

Il les aime et ils se voient de temps en temps (ils vivent dans des villes différentes). Il y a une bonne entente entre eux. Ils ne parlent jamais de littérature mais plutôt des problèmes liés à leur métier. Les auteurs ne gagnent qu’un petit pourcentage sur les ventes de livres. Il lui semble anormal qu’ils aient si peu.

* Ses sœurs sont Marie-Aude Murail et Elvire Murail (également connue sous le nom de Moka).

  • Quels sont ses écrivains préférés ?

Pour lui, il y a plusieurs catégories d’admiration. Parfois, il se dit qu’en tant qu’auteur il aurait pu écrire le livre qu’il vient de lire. D’autres fois, il trouve que le livre est un chef d’œuvre et qu’il est totalement étranger à son univers. Il cite Fiodor Dostoïevski : il adore la littérature russe. Il parle également de Svetlana Aleksievitch (Prix Nobel de la Littérature 2015). Malika Ferdjoukh est l’auteure jeunesse qu’il admire le plus.

  • Quel est son roman préféré ?

Il répond que citer ses romans préférés n’est pas spontané. Pendant trente ans, il n’a presque lu que de la Science-Fiction (il a écrit une encyclopédie sur ce thème : Les maîtres de la Science Fiction). Puis il a commencé à lire Balzac et Zola. Il adore Germinal. Il aime également : À la recherche du temps perdu de Marcel Proust.

  • Quel genre de livres, lit-il ?

Il lit des romans pour adultes mais aussi des romans jeunesse pour les éditeurs. Il lit peu de livres actuels. Il préfère les livres du XXème siècle et ceux de science fiction.

  • A-t-il lu d’autres romans de la sélection du Prix des Lecteurs ? Si oui, lequel a-t-il préféré ?

Non, il n’a lu aucun roman de la sélection même si il connaît certains auteurs dont Anne-Laure Bondoux (Tant que nous sommes vivants). Il n’a pas lu ces livres mais il fait confiance aux auteurs.

  • A-t-il lu le roman La disparition, écrit sans lettre « e » ?

Non mais il trouve l’auteur, Georges Perec, intéressant et étrange.

  • A-t-il lu Orange mécanique ?

Oui. Il a lu le livre et vu le film. Il trouve ça très intelligent et assez pervers. Il fait un parallèle entre ce roman et les terroristes.

  • Lit-il des autobiographies ?

Il lit peu d’autobiographies mais plutôt des biographies lorsqu’il travaille sur un sujet précis.

  • Passe-t-il plus de temps à lire ou à écrire ?

Il passe beaucoup de temps à lire… et à faire la cuisine.

  • Lit-il des romans anglo-saxons ?

Il a lu le premier tome d’Harry Potter. Il trouve le livre très bien fait. En revanche, il n’aime pas du tout Twilight. Il termine en disant que le succès peut toucher de grands livres, et d’autres beaucoup moins bien.

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2 – Le métier d’écrivain

  • Depuis quand écrit-il et pourquoi a-t-il choisi ce métier ?

Il écrit depuis environs 50 ans. C’est l’ennui qui l’a poussé à écrire. Il ne savait pas quoi faire et avait peu d’amis. Écrire permet de remplir un vide. Son père était écrivain et sa mère adorait ce que son mari faisait. Elle a conseillé à Lorris Murail de se mettre à écrire. Sa première histoire a été faite sur un petit cahier. Il a copié sur un livre qu’il venait de lire. Sa mère a aimé puis il a continué l’écriture. Écrire permettait d’avoir son propre domaine et de se distinguer de son frère musicien. Il pensait qu’il ne ferait que de la science fiction.

  • Vit-il de ce métier ?

Il survit. Il peut continuer à être écrivain car il a d’autres activités : traducteur, scénariste, création de DVDs sur l’art, journaliste, critique… Il vit en mélangeant ces activités.

  • Qu’est-ce qui l’inspire pour écrire un roman ?

Tout et n’importe quoi. Il réceptionne des informations sur internet, avec la télévision, en se baladant, en lisant… Tous ces éléments l’aident à trouver l’inspiration. Il transforme ces informations en histoire. Parfois, l’idée naissante est très précise. Il explique qu’il a vu à la télévision un documentaire « Tout changer dans leur vie via le feng shui ». Ça lui a inspiré une histoire. Parfois il s’inspire d’autres romans mais il veille à ce qu’il n’y ait pas de plagiat. Il a souvent l’habitude d’inventer une histoire différente lorsqu’il lit un livre. Il y puise une certaine énergie. Il lit des thrillers en rafale pour connaître la méthode d’écriture de ce genre de romans.

  • Voyage-t-il souvent pour écrire ses romans ?

Non, il n’aime pas beaucoup voyager. Il n’aime pas beaucoup les transports. Il est allé en Russie, à New-York et Hong-Kong. Durant son voyage en Russie, il est allé à Saint-Pétersbourg, Moscou… Il pense que la Russie d’aujourd’hui est différente. Il ne voyage jamais pour écrire mais les expériences qu’il vit peuvent indirectement l’inspirer.

  • A-t-il déjà été sélectionné dans un prix littéraire pour un autre roman que Douze ans, sept mois et onze jours ?

Oui, le prix des Incorruptibles. Il n’aime pas tellement les prix. D’après lui, ses romans ne sont pas rassembleurs : soit les gens aiment, soit ils n’aiment pas. Il précise que ses sœurs sont plus souvent sélectionnées ou lauréates de prix.

  • Quel est son roman préféré parmi ceux qu’il a écrit ?

Il y en a trois : Blanche-Ebène, Les cornes d’ivoire et Les semelles de bois.

  • Il a écrit la série Golem avec ses sœurs. Comment ont-ils procédé pour l’écriture. Est-ce plus difficile d’écrire à plusieurs que seul ?

Ils ont organisé plusieurs réunions afin de choisir le scénario. Ils se partagent des chapitres puis ils font une mise en commun : les lecteurs ne doivent pas se rendre compte qu’il y a plusieurs auteurs. Le fait d’écrire à plusieurs permet d’avoir une sensation d’invulnérabilité. Ils peuvent prendre des risques car il y a toujours un des trois auteurs qui trouvera une solution.

  • S’il devait réécrire un de ses romans, lequel choisirait-il ?

Son recueil de nouvelles de science fiction. Pour lui, les idées sont bonnes mais la qualité littéraire est à améliorer. Pour lui, écrire correspond à développer des idées tandis que d’autres s’échappent : il est difficile de tout maîtriser. Il pense que la différence entre les génies et les autres auteurs tient dans la maîtrise du récit. À ses yeux, Proust et Shakespeare sont des génies ! Quand il lit leurs textes, il ressent des émotions qu’il n’a jamais avec d’autres auteurs.

  • Quelle a été sa réaction lorsque son premier roman a été publié ?

Il espérait depuis longtemps que ce moment arrive car il a eu beaucoup de déceptions. La publication a été un soulagement. Il n’y croyait plus lorsque c’est arrivé. Être publié est une exaltation. Ça veut dire que son livre existe réellement. Le métier d’auteur suscite beaucoup de craintes car ils ne sont jamais certains que leurs nouveaux romans seront publiés. Le temps entre l’achèvement de l’histoire et la publication est relativement longue. C’est assez difficile à supporter car il est très impatient.

  • Il y a-t-il des messages dans ses livres ?

Il ne cherche pas à émettre un message mais à donner du sens. Il veut faire comprendre des choses, que le lecteur se mette à la place de l’autre. Il souhaite que l’imagination permette d’inverser la société, comme par exemple la place des « blancs » et des « noirs » lors de l’Apartheid.

  • Écrit-il plusieurs romans en même temps ?

Non, il n’écrit jamais plusieurs livres en même temps. Il écrit toujours un roman à la fois. Toutefois, si une idée lui vient, il lui arrive de prendre des notes pour plus tard.

  • A-t-il déjà songé à arrêter d’écrire ?

Il rencontre des découragements et des déceptions parfois, mais il affirme qu’il ne sait rien faire d’autre. Écrire est sa vie. Il aimerait continuer tant que possible.

  • Quel métier aurait-il fait, s’il n’avait pas eu le goût de l’écriture ?

Il ne sait pas ce qu’il aurait fait. Il répond que la vie peut changer à tout moment. Il n’est pas à la mode. Il préfère laisser les événements de la vie choisir à sa place. Il n’aime pas le changement et préfère l’immobilisme. Il a d’ailleurs commencé à écrire sur l’immobilisme.

  • Écrit-il des cadavres exquis ?

Non mais il regrette car ça peut donner des résultats surprenants.

  • D’après lui, quelles sont les qualités qui différencient les écrivains moyens et les bons écrivains ?

Le talent. C’est une question complexe. Il peut y avoir de grands écrivains qui produisent des histoires moyennes et des écrivains moyens qui écrivent de bonnes histoires. Pour lui, c’est le style qui compte. Il n’aime pas écrire simplement ou de façon banale. Il est compliqué.

  • Se passe-t-il beaucoup de temps entre l’inspiration et l’écriture ?

Oui. Il y a une période d’accumulation d’idées, d’ordre, de « spécimens » d’histoire avant qu’il se mette à écrire.

  • A-t-il déjà abandonné des idées d’histoire ?

Oui. Son ordinateur est rempli de débuts de textes jamais utilisées. Parfois, il lui arrive de reprendre ces histoires. Il ne jette jamais ce qu’il écrit.

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3 – Douze ans, sept mois et onze jours

  • Ce roman est l’histoire d’un abandon. Qu’est-ce qu’il l’a motivé et inspiré pour ce thème ?

Ce n’est pas une histoire uniquement sur l’abandon qu’il souhaitait développer mais la relation entre un père et son fils. Le fils est l’opposé du père. Il représente tout ce que son père n’aime pas.

  • Comme Walden, le héros du son roman, a-t-il été confronté à une situation de survie ?

Non, il n’a pas été confronté à une situation de survie. Lorris Murail ne se considère pas comme un héros. Il préfère imaginer l’héroïsme des autres. Il n’utilise pas sa vie privée pour écrire des romans. Il n’aime pas ce concept.

  • Combien de temps a-t-il travaillé à l’écriture de ce roman ?

Quelques mois. Écrire représente beaucoup de travail.

  • Comment a-t-il réagi à l’annonce de sa sélection pour le Prix des Lecteurs ?

Il était content même s‘il n’est pas avide de prix (il y en a beaucoup en France). Sa seule ambition est d’avoir des lecteurs. Toutefois, il est ravi que le prix permette de faire lire et découvrir ses livres. Pour lui, l’intérêt du prix est de pouvoir toucher ceux qui n’ont pas accès à la littérature et permet de stimuler le goût de lire aux enfants où la lecture n’est pas spontanée.

Questionnaire réalisé par les élèves du collège Berthelot du Mans, inscrits au Prix des Lecteurs.

Nous remercions chaleureusement Lorris Murail pour ses réponses, son interactivité avec les élèves et la médiathèque Louis Aragon pour son accueil et l’organisation de la rencontre.

Transcription de sa dédicace pour le collège :

« Pour les extraordinaires créatures engendrées par le collège Berthelot. En souvenir d’une rencontre comme il y en a peu… et qui répond à la question que tout auteur se pose parfois : bon sang mais pourquoi j’écris ? Merci d’exister. Bises à toutes et tous. L.Murail »

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Rencontre avec Charlotte Erlih, à la Suze-sur-Sarthe

On sent l’effervescence à notre arrivée au collège ce matin-là. La classe de 3ème qui doit rencontrer Charlotte Erlih, l’autrice de High-line, attend ce moment avec impatience. Un groupe d’élèves a réservé une surprise à Charlotte. Les quatre filles ont choisi des passages du texte à lire à voix haute et les ont entrecoupé de pauses musicales, interprété par l’une d’entre elles au piano. On sent Charlotte, touchée par l’attention, émue. Une discussion entre les élèves et l’autrice se lance alors sur son métier et quelques mystères du texte.

Il est temps de revenir à la médiathèque pour assister à la seconde rencontre de la matinée, avec une classe de 4ème cette fois. Charlotte demande rapidement aux élèves si le texte ne leur a pas semblé trop compliqué dans l’écriture et le sujet. Ils la rassurent vite vu la qualité des questions qui lui posent. Impressionnée, Charlotte prend plaisir à leur répondre tout en avouant qu’il n’est pas toujours facile de trouver les mots. Les élèves s’interrogent vraiment sur l’écriture et les techniques utilisées, comme la question de réussir à faire durée le temps sur des dizaines de pages alors que l’action racontée ne dure que 5 minutes.

Les échanges de ce matin ont été très riches autant pour les élèves que pour Charlotte Erlih et tout le monde repart ravi de ce temps privilégié.

 

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Deux nouvelles rencontres-dédicaces à la médiathèque du Mans

Nous vous attendons nombreux les mardis 8 et 15 mars pour deux rencontres-dédicaces à la médiathèque du Mans.

Rencontre avec Marie Chartres et Nastasia Rugani

Rencontre avec Lorris Murail

 

 

 

 

 

 

Nastasia Rugani et Marie Chartres Lorris Murail (2)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les auteurs Marie Chartres, Nastasia Rugani et Lorris Murail nous feront le plaisir d’être parmi nous afin d’échanger avec vous et de répondre à vos questions.

Comme un feu furieux, CHARTRES Marie

Comme un feu furieux, CHARTRES Marie

 

 

 

 

 

 

 

 

Tous les héros s’appellent Phénix, RUGANI Nastasia

Tous les héros s’appellent Phénix, RUGANI Nastasia

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Douze ans, sept mois et onze jours, MURAIL Lorris

Douze ans, sept mois et onze jours, MURAIL Lorris

C’est parti pour les rencontres avec les auteurs !

Les collégiens du Grand Lucé participants au Prix des lecteurs ont rencontré Véronique Olivier-Barberon le vendredi 5 février, à la bibliothèque municipale.

L’échange autour de son roman « Ne plus se taire » fut riche et très apprécié des élèves.

De nombreuses rencontres sont à venir en février et en mars dans toute la Sarthe.

Rencontre au Grand Lucé

Article du Maine Libre, le 9 février 2016.

Quand on m’a parlé du Prix des lecteurs…

Quand on m’a parlé du Prix des lecteurs au collège Jean Cocteau-Coulaines. Quelques impressions…

PrixDesLecteurs2015

 … Au début, je n’étais pas très enthousiasmé par le Prix des lecteurs car je ne savais pas si j’allais aimer les livres qu’on allait me proposer. Je croyais que les livres allaient être beaucoup plus gros puis en fait, j’ai apprécié plusieurs livres qui avaient l’air intéressants.

C.

… Je ne savais pas trop ce que c’était mais au final, ça a l’air super ! Pour l’instant, j’ai quatre livres qui me plaisent vraiment, trois qui ont l’air pas mal et trois qui ne me branchent pas trop.

G.

… J’ai eu très envie d’y participer car j’adore lire et cela va m’obliger à lire d’autres types de livres de ceux que je lis habituellement Et puis quand je vais dans un magasin je ne sais pas quel livre choisir…

 M.

… Je n’étais pas heureux de cette décision du Prix des lecteurs car je n’aime pas lire et si on me force a lire je n’aurai pas envie de lire plus mais Il se peut que j’aime un livre malgré tout. Si un livre me plaît je n’hésiterai pas a le lire en une journée !

C.

… Je savais qu’on allait lire des livres mais je ne pensais pas qu’ils seraient aussi gros mais il y en a des petits quand même. Je voulais faire le Prix des lecteurs pour pouvoir rencontrer des écrivains et j’espère qu’on va voir l’écrivain qui aura écrit un des livres que j’aurai lus !

Y.

…J’ai été content parce que j’adore lire. Les livres sont choisis exprès pour nous et ils sont souvent très intéressants. C’est l’occasion de lire des livre sans payer donc il faut en profiter et cela m’a rappeler de bons souvenirs j’ai déjà participé à ce genre d’activité.

T. Q.

… J’étais pressé d’y être et j’espérais tomber sur beaucoup de livres car j’adore lire des livres, surtout de (très) longs livres avec des histoires où il y a de l’aventure. J’ai toujours au moins deux livres à côté de mon lit car je lis souvent le soir. Je lis depuis très longtemps et j’ai fait de la lecture ma passion.

M.

Le livre que les élèves ont le plus envie de dévorer :

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Douze ans, sept mois et onze jours/Lorris Murail. Pocket, 2015